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Cartes et situation générale
du 10 au 14 mai 1940

 

Les cartes suivantes présentent la progression de l'attaque allemande à travers les Ardennes à l'échelon divisionnaire. Elles montrent toutes la situation au soir. Leur observation permet non seulement de situer les unités concernées dans l'ensemble du secteur, mais aussi d'en visulaiser le type et la valeur théorique. Pour mieux les appréhender, je vous conseille de consulter la légende. Cliquez sur les cartes et les images pour en obtenir une meilleure visualisation.

 
10 mai

Dès l’aube, la Wehrmacht déclenche « Fall Gelb » et pénètre simultanément sur les territoires hollandais, belges et luxembourgeois. En Belgique, elle attaque les points de franchissement du canal Albert et prends d’assaut le fort d’Eben-Emaël, principal point de résistance de la ligne de défense belge. En parallèle, la Luftwaffe bombarde massivement les arrières des troupes alliées, s’attaquant aux aérodromes, aux axes de communication et aux concentrations de troupes.
 
Même si certains objectifs ne sont pas atteins, l’ensemble de l‘opération est parfaitement exécutée par des troupes bien entrainées,. L’armée belge parvient à détruire certains ponts, mais d’autres tombent intacts entre les mains allemandes. Avant la fin de la journée, la Wehrmacht franchit également la Meuse à Maastricht, et arrive au contact de la position avancées de Liège
 
Pourtant en alerte depuis 23h35 la veille, l’armée belge est prise au dépourvu par la perte rapide du point central de sa ligne de défense. Rapidement, il devient évident que la brèche ne pourra être colmatée et une retraite derrière la Dyle est incontournable. Le grand quartier général belge amorce donc le regroupement de ses forces sur la position Anvers-Louvain.
 
De leur coté, les troupes hollandaises, assaillies par des unités parachutistes et aéroportées allemandes, commencent à retraiter derrière les grands fleuves de la « Vesting Holland » (forteresse Hollande). Des combats confus ont lieu contre les Fallschirmjagërs dans la région de Rotterdam. Les allemands sont désagréablement surpris par l’efficacité de la défense antiaérienne hollandaise et plusieurs centaines d’appareils de transport sont abattus.
 
Dès le début de l’attaque, la Belgique demande l’aide des armées alliées. En France, l’alerte est aussitôt donnée. Le haut commandement ordonne vers 6h30 le lancement de la manœuvre Dyle, puis confirme quelques instants plus tard l’hypothèse Breda. Les Alliés commencent donc leur progression vers une ligne de défense s’étendant de Breda et Mézières, en passant par Anvers, Louvain, Wavre, Namur et Dinan. Trois armées françaises et le corps expéditionnaire anglais (B.E.F.) sont concernés par la manœuvre. L’objectif principal consiste à organiser une ligne défensive incluant les armées hollandaises et belges.
 
L’ensemble du groupe d’armée n°1 s’ébranle vers l’Est. Dans l'ensemble, les mouvements, longuement étudiés et préparés, s'effectuent normalement. Avant la fin de la journée, les premiers éléments de la 7e armée entrent en liaison avec les troupes néerlandaises, et ceux du corps de cavalerie (1re armée) atteignent les arrières du canal Albert. Dans le secteur de la 9e armée, les points de franchissement de la Meuse sont aux mains de la cavalerie, continuant sa progression vers l’Est. Celle de la 2e armée arrive jusqu’à Neufchâteau et Bastogne ou elle se heurte aux premiers éléments blindés allemands. La mission des cavaliers français consiste à retarder autant que possible l’avance ennemie.
 
Dans le secteur du GA n°2, la cavalerie de la 3e armée pénètre elle aussi en Belgique et au Luxembourg ou elle rencontre rapidement les éléments avancés allemands, en fonction de la proximité de la frontière germanique.


 
 
11 mai
 
Dans le nord de la Belgique, alors que la résistance cesse au fort d’Eben-Emaël, la Wehrmacht intensifie ses attaques le long du canal Albert, et atteint la région de Tongre après avoir passé la Meuse en force. En Hollande, alors que les combats s’intensifient autour de Rotterdam, la division Peel est submergée et les troupes néerlandaises refluent vers l’Ouest, sur la ligne Bois-le-Duc-Tilburg, détruisant les ouvrages d’art et dressant de nombreux obstacles devant les forces allemandes.
 
La mise en place du dispositif franco-britannique se poursuit activement. Dans leur globalité, les mouvements s’effectuent conformément aux plans, mais ceux-ci doivent être adaptés aux nouvelles conditions stratégiques, c'est-à-dire la rapidité de la progression allemande et le repli des forces belges. Les Alliées avanceront en conséquence à vitesse forcée, de jour comme de nuit.
 
Alors que les gros suivent rapidement, les avant gardes de la 7e armée sont en place sur la ligne Tilburg Turnhout, à la jointure entre le nord du dispositif belge et l’armée néerlandaise. Les premiers combats ont lieu contre des éléments de la 9. Panzerdivision et tournent à l’avantage des Français.
 
En Belgique, le déploiement des armées franco-britanniques se poursuit. Le B.E.F. porte ses éléments de sûreté sur la Cette. De son coté, le  corps  de  cavalerie  français progresse  rapidement. Ses découvertes rencontrent l'ennemi vers Hasselt, Liège et Tongres, alors que les gros s'installent entre Tirlemont et Huy. Au sud de la Meuse, la cavalerie de la 9e armée atteint Durbuy et se positionne entre le corps de cavalerie au nord et la cavalerie de la 2e armée au sud. Cette dernière est déjà au contact des avant-gardes allemandes.
 
De leur coté, les colonnes interminables de véhicules allemande progressent au plus vite à travers les Ardennes, retardées par quelques affrontements, et par les destructions effectuées par les Belges. Le franchissement de la Semois commence, malgré les combats de rencontre parfois acharnés avec la cavalerie française. En face de la 3e armée (GA n°2), la Wehrmacht s’approche du secteur de Longwy. Tout au long de la journée, la Luftwaffe multiplie les missions de bombardement et de mitraillage sur l’ensemble du front.
 
 
12 mai

En Hollande, les troupes allemandes progressent rapidement jusqu’à Dordrecht, mais dans la région de Rotterdam, des combats confus mettent en difficulté les Fallschirmjagërs à la Haye et à Amsterdam avant qu’ils ne soient rejoints par les premiers éléments de la 9. Panzerdivision. La Wehrmacht continue son action au Nord de la Meuse sur l’axe Maastricht - Gembloux et risque d’arriver sur la Dyle avant que les troupes alliées ne s’y soient installées. Le GQG français ordonne en conséquence de hâter la manœuvre du GA n°1 et de ralentir la progression ennemie autant qu’il est possible de le faire. De son coté, l’armée belge retraite son aile sud vers l’Ouest.
 
La 7e armée est au contact des Allemands à l’est d’Oostmalle et se renforce dans les iles de la boucle de l’Escaut. Les gros de son infanterie sont toujours en cours d’acheminement.
 
Alors que trois divisions du B.E.F. s’installent sur la Dyle, à l’est de Bruxelles, les deux tiers des troupes de la 1re armée sont en place sur la rive ouest du fleuve sur son secteur (entre Wavre et Namur). Leur installation est facilitée par la couverture du corps de cavalerie, en position plus à l’Est entre Tirlemont et Huy. Les cavaliers résistent aux attaques des 3. et 4. Panzerdivisions à la jointure entre les 2e et 3e DLM.
 
Plus au Sud, la 9e armée continue son installation à cheval entre France et Belgique alors que sa cavalerie, tout comme celle de la 2e armée, entame son retrait derrière la Meuse sous la pression allemande. Enfin, le front du GA n°2 reste calme, à l’exception du repli de quelques unités de la position avancée de Longwy.
 
Alors que le dispositif allié est en cours de d’acheminement et de renforcement, l’organisation du commandement se dessine. Une conférence au sommet (1) désigne le général Billotte comme délégué du général commandant en chef sur le front du Nord-est pour coordonner les actions des forces alliées sur le territoire belge.
 
La Wehrmacht franchit la Semois et continue sa progression vers l’Ouest, talonnant les cavaliers français. Ces derniers repassent la Meuse avant que les ponts ne soient détruits et que les avant-gardes allemandes commencent à arriver au contact du fleuve. La ligne principale française est atteinte.

 

(1) : La conférence à lieu à Casteau, en Belgique (7 km au nord-ouest de Mons). La France est représentée par Monsieur Daladier (président), le général George (Commandant le T.O.N.E.) et le général Billotte, la Belgique par Sa Majesté Léopold III (roi des Belges), et le général Pownall (chef d’état major du B.E.F.) pour la Grande Bretagne.



13 mai

 
La Wehrmacht pénètre dans le « Vesting-Holland » dans le secteur de Dordrecht, et toute liaison entre la 7e armée française et l’armée hollandaise est coupée, à l’exception des iles des bouches de l’Escaut. Il devient évident que la résistance des Pays-Bas va s’effondrer, démontrant ainsi la témérité de l’option Breda. En conséquence, la 7e armée française se retranche sur une ligne située entre l’isthme de Woendsrecht et Turnout.
 
L’armée belge entame le repli de son aile nord sur la position Anvers-Louvain, alors que son aile sud continue sa retraite sous la pression allemande. Le B.E.F. prépare activement ses positions sur la Dyle, à l’est de Bruxelles et son aile droite, composée d’unités de cavalerie, vient s’aligner sur le corps de cavalerie français. Ce dernier, durement engagé dès le matin  par les 3. et 4. Panzerdivisions, est contraint en fin de journée à un repli difficile à l’ouest de Perwez.
 
Plus au Sud, la 1re armée française, installée entre Wavre et Namur, s’attend à subir le choc principal de l’attaque allemande. Ses unités s’organisent et renforcent leurs positions, sous la couverture efficace du corps de cavalerie. Sur leurs arrières, la 1re DCR commence à débarquer, mais le GA n°1 envisage de l’engager plus au Sud, au profit de la 9e armée, dont la situation devient préoccupante.
 
Les premiers éléments allemands franchissent en effet la Meuse à Houx et à Monthermé et les Français ne peuvent les déloger de leurs têtes de pont. Mais la situation est encore plus grave sur le secteur de la 2e armée ou la Wehrmacht à franchit la Meuse aux alentours de Sedan, avant d’étendre rapidement sa tête de pont. Un premier pont de génie de 18 tonnes est terminé avant la fin de la journée. L’infanterie des 5. et 7. Panzerdivisions commence à franchir le fleuve et à se masser sur la rive ouest. L’ensemble des troupes allemandes est puissamment soutenu par une Luftwaffe omniprésente et une densité de DCA imposante.
 
Le reste du front reste calme, à l’exception de la position avancée de Longwy durement pressée par l’ennemi, et devant être abandonnée par la 3e armée dans la nuit.
 
Le haut commandement français prend conscience des dangers de la percée allemande sur la Meuse, la 2e armée est placée à minuit sous commandement direct du front Nord-est. Quatre divisions d’infanterie sont en cours d’acheminement à la jointure entre les 9e et 2e armées (14e D.I., 36e D.I., 44e D.I., 87e D.I.A.). D’autre part la 2e DCR et de la 43e DI se regroupent sur les arrières de la 9e armée. Enfin, la 3e DCR et la 3e DIM sont placées sous le commandement du Xe corps d’armée afin de lancer une contre-attaque vers Sedan.

 

14 mai
 

La Wehrmacht poursuit son offensive aux Pays-Bas, dont les lignes de défense sont submergées et franchies. La situation de l’armée hollandaise est désespérée, et les Alliés n’ont plus les moyens de lui apporter un quelconque soutient. Le pays va capituler en cours de journée, à l’exception de la partie située le plus à l’ouest, ou les troupes continuent le combat aux cotés des Français.

 

L’armée belge achève son retrait derrière la Dyle laissant la 7e armée en pointe. Menacée sur ses deux ailes, celle-ci doit retraiter et se positionner défensivement sur les iles des boucles de l’Escaut et sur le secteur d’Anvers, ou son aile droite est au contact des belges, installés sur une ligne située entre Anvers et Louvain.

 

Les Allemands arrivent au contact du B.E.F. et attaquent le corps de cavalerie français dans la région de Perwez. Les cavaliers doivent se replier en partie derrière la position de Gembloux, ou la 1re armée achève d’installer son infanterie. Mais la situation est bien plus dangereuse sur l’aile droite du GA n°1 car la Wehrmacht consolide et multiplie ses têtes de pont sur la Meuse.

 

Le fleuve est franchi à Dinant par les 5. et 7. Panzerdivisions, alors que les 2. et 1. Panzerdivisions, dont les chars franchissent la Meuse, commencent leurs mouvements à l’Ouest à partir de la région de Sedan. La menace est double pour la 9e armée, attaquée de front et sur ses arrières. Les premières contre-attaques françaises, exécutées sans cohésion et avec des moyens inadaptés à la lutte antichar, sont rapidement repoussées. La 10. Panzerdivision, renforcée de l’IRGD, progresse au Sud de Sedan afin de prévenir une contre-attaque française possible.

 

En fonction de la rapidité du mouvement allemand et des lacunes du commandement français, la situation devient catastrophique. Alarmé, le G.Q.G. attribue à la 6e armée (structure initialement placée en réserve) le commandement des troupes devant former une ligne de défense entre l’Aisne et la Loire afin de recréer un front continu entre les 9e et 2e armées. D’autre part, la 2e DCR est envoyée dans la région de Mézières, alors que les 3e DCR et 3e DIM se regroupent dans la région de Stonne pour contre-attaquer. Mais les allemands y sont déjà au contact et l’action va se transformer en un combat de rencontre.
 
 
 



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